Une étude sur les connaissances, les attitudes et les croyances face au VIH montre un sérieux déficit d'information chez les
18-30 ans.
"Les résultats sont un peu inquiétants" juge Nathalie Beltzer, de l'Observatoire régional de santé- Ile de France
:
- Parmi les 2 781 personnes interrogées, 26% des jeunes de 18-30 ans pensent encore que le virus du sida peut se transmettre
par une piqure de moustique.
"C'est la génération née entre 1980 et 1992, explique la chercheuse, celle qui a débuté sa vie sexuelle après l'apparition
des trithérapies."
- Si 99% des 18-54 ans savent que le virus se transmet lors de rapports non protégés ou d'injection de drogues, ils sont 26%
des 18-30 ans à douter de l'efficacité du préservatif !
En 2010, 58% seulement des 18-54 ans considère que le préservatif est tout à fait efficace pour se protéger du VIH.
Ils étaient 74% à le penser en 1994.
Cette baisse laisse penser que les énormités proférées par les intégristes anti-capote font des dégâts...
Nous avons choisi 14 idées reçues et nous y répondons :
Le VIH et le SIDA, c’est la même
chose
Le VIH et le Sida sont très souvent confondus.
Pourtant, ils sont très différents.
Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) est, comme son nom l'indique, un virus qui peut infecter un organisme et le
rendre malade.
Le Sida est un syndrome (une maladie) qui lui est caractérisé par des symptômes.
En fait, le VIH est le virus et le Sida le stade ultime de l'infection par ce virus.
Le VIH envahit petit à petit l'organisme, diminuant les défenses du système immunitaire.
Lorsque celui-ci ne parvient plus répondre aux infections opportunistes, on parle alors de Sida déclaré.
Mais le VIH n'entraîne pas toujours le Sida.
Entre le moment de l'infection et le Sida, il peut se passer de nombreuses années, parfois plusieurs dizaines.
Les traitements permettent aux patients infectés par le VIH de renforcer leur système immunitaire et de maintenir le VIH à un
taux minimal dans l'organisme.
Aucun traitement ne permet d'éradiquer totalement le virus, mais le fait de pouvoir ralentir l'envahissement du virus permet
aux personnes séropositives de vivre normalement, en dehors des prises de médicaments.
Peu de personnes sont contaminées chaque
année
L'infection par le VIH n'est pas rare en France.
On estime qu'en 2009 plus de 6 700 personnes ont découvert leur séropositivité en France (6 400 en 2008).
60 % des personnes contaminées l'ont été lors de rapports hétérosexuels et 37 % lors de rapports homosexuels.
Les estimations des pouvoirs publics d'infection étaient de l'ordre de 2 000 à 3 000 par an, les chiffres du
dépistage sont donc bien au-dessus.
Il faut donc voir la réalité en face : le VIH concerne aujourd'hui plus de 150 000 personnes en France, dont le
tiers ignore sa séropositivité.
Le dépistage du VIH est donc important et concerne toute personne en âge d'avoir des rapports sexuels, de la plus jeune à la
plus âgée.
Ce sont surtout les jeunes qui sont infectés
par le VIH
Contrairement à ce que certaines personnes pensent, ce ne sont pas les jeunes les plus concernés par l'infection par le
VIH.
En France, 1 personne sur dix qui découvre sa séropositivité a moins de 25 ans.
9 personnes sur 10 ont donc plus de 25 ans lorsqu'elles apprennent qu'elles sont séropositives.
C'est le cas dans la plupart des pays d'Europe.
Par contre, dans d'autres régions du monde, les jeunes sont beaucoup plus touchés par l'infection du VIH.
A l'échelle mondiale, ils représentent la moitié des nouvelles infections. Mais ça signifie également que l'autre moitié
concerne bien les plus de 25 ans.
Le dépistage du VIH doit donc concerner l'ensemble de la population en âge d'avoir des rapports sexuels.
La réalisation du test est indispensable avant d'avoir des rapports sexuels non protégés, indépendamment de la confiance que
l'on a en l'autre.
On repère d'abord le VIH par ses
symptômes
C'est une idée reçue qui montre à quel point le VIH/Sida est mal connu. L'infection du VIH n'entraîne pas de symptômes,
parfois une fièvre et une fatigue, comme dans le cas d'une grippe ou d'une mononucléose.
Mais ces symptômes ne sont pas systématiques et disparaissent rapidement et pendant plusieurs années.
Le seul moyen de savoir si une personne est infectée par le VIH est le test de dépistage.
Car une personne infectée par le VIH peut n'avoir aucun symptôme mais transmettre le virus lors d'un rapport sexuel non
protégé.
En fait, les "symptômes" attribués à tort au VIH sont ceux du Sida.
Lorsque le système immunitaire ne peut plus défendre l'organisme contre le VIH, celui-ci envahit le corps et fatigue les
défenses immunitaires, laissant la place libre à toutes les infections "qui passent".
On parle alors d'infections opportunistes : elles profitent une baisse des barrières pour entrer et infecter l'organisme
déjà affaibli.
Grâce aux nouveaux traitements,
on peut guérir du Sida
C'est malheureusement faux !
Même si les traitements ont fait de nombreux progrès, permettant à de nombreux patients de voir leur charge virale
indétectable et leur permettre une vie quasi normale, ils ne peuvent absolument pas supprimer le virus de l'organisme.
Conséquence : en cas de diminution du système immunitaire, le virus peut se remultiplier et envahir l'organisme, jusqu'à
développer le Sida.
Il n'y a donc qu'une solution pour éviter l'infection : se faire dépister régulièrement et se protéger lors des rapports
sexuels avec des partenaires qui ne connaissent pas leur statut sérologique.
De nombreux chercheurs travaillent sur un traitement pour éradiquer le VIH de l'organisme, ou même sur un vaccin
préventif.
En vain, pour l'instant.
Les espoirs sont nombreux mais aucun n'a encore fait ses preuves.
On ne peut donc pas dire, en 2011, qu'il existe un traitement pour guérir du VIH/Sida.
Le vaccin, c'est pour
bientôt
Malheureusement, le vaccin contre le VIH/SIDA n'existe pas et ne sera pas disponible avant de nombreuses années pour
plusieurs raisons.
D'abord parce que les premiers essais de vaccins préventifs ne sont pas convaincants.
Un vaccin équivalent à un anti-VIH chez le singe a été développé.
Mais il ne protège que la moitié des singes vaccinés.
Il n'est donc pas encore au point.
De nombreuses études sont actuellement en cours pour trouver ce vaccin anti-VIH qui serait sans aucun doute le plus demandé
au monde.
Certaines ont montré que l'infection peut être réduite, mais pas pour toute la population vaccinée.
Des améliorations sont donc encore nécessaires avant une mise sur le marché.
Un essai de vaccin thérapeutique contre le SIDA (donc pour les personnes infectées par le VIH, ce n'est pas un vaccin
préventif) a été autorisé par l'Afssaps pour être testé cliniquement à partir de la fin de l'année 2011 et représente donc un grand espoir pour les personnes séropositives.
Malgré tout, le vaccin préventif, comme le thérapeutique, n'est pas pour "demain" car la mise au point d'un vaccin est très
longue, une dizaine d'année au minimum, en raison des nombreux tests à effectuer avant de le rendre accessible à tous.
L'espérance de vie avec le VIH
est limitée à quelques années
C'était vrai lorsque le VIH/Sida a été découvert, au milieu des années 80.
A cette époque, il n'y avait aucun traitement et généralement les patients développaient le Sida, quelques années après
l'infection du VIH, et mourraient rapidement.
Mais depuis l'arrivée des trithérapies en 1996, c'est faux.
Dès les années 90, la recherche a fait d'énormes progrès et a permis le développement de ces triples traitements alors que
jusqu'à présent un seul était prescrit par patient.
Composé de trois antiviraux différents, le traitement permet dorénavant aux personnes infectées de pouvoir maintenir le virus
à un taux très bas pendant plusieurs dizaines d'années.
Le traitement nécessite tout de même une importante rigueur pour ne pas oublier une prise et respecter la
posologie.
Des analyses sanguines régulières permettent aux médecins de s'assurer que le traitement est efficace, de l'adapter et de
surveiller l'état du système immunitaire et de la charge virale.
Reste tout de même un facteur important : le système immunitaire.
Il est unique à chacun et il est donc impossible de prévoir combien de temps il va "résister" face à l'invasion du
VIH.
Elles sont rares, mais certaines personnes peuvent développer un Sida en quelques mois, sans que le traitement ne puisse
ralentir l'avancée de la maladie.
Une mère infectée par le VIH le transmet à son
enfant
Le risque de transmettre l'infection de la mère à l'enfant existe mais est loin d'être automatique.
En l'absence de traitement, le risque "naturel" de transmission est de 15 à 25 %.
L'allaitement par la mère infectée est un facteur qui augmente ce risque jusqu'à 45 %.
Mais lorsque la mère suit un traitement précis pendant sa grossesse, le risque est réduit à moins de 2 %.
Le nouveau-né reçoit lui aussi un traitement à la naissance, durant une ou plusieurs semaines.
Ces traitements sont donc indispensables, notamment dans les pays en voie de développement, pour limiter la transmission du
virus de la mère à l'enfant.
Si l'allaitement est recommandé pour apporter le maximum d'anticorps à l'enfant, pour les mères séropositives le choix est
problématique car il expose l'enfant à un risque plus important de contracter l'infection.
En France, le dépistage du VIH est proposé à toutes les femmes enceintes mais n'est pas obligatoire.
Les enfants ne peuvent pas attraper le
VIH
Contrairement à ce que pensent certains, les enfants sont aussi vulnérables au VIH que les adultes.
Alors bien sûr, ils sont moins nombreux chaque année à être contaminés que les adultes, pour la simple et bonne raison qu'ils
ne sont pas concernés par les deux principaux modes de
transmission : ils n'ont pas de rapports sexuels et ne se droguent pas.
Mais ils ne sont pas immunisés pour autant.
Généralement, l'infection a lieu pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.
Il existe maintenant des protocoles précis qui permettent de réduire quasi totalement le risque de cette contamination
maternelle.
Mais encore faut-il que la mère soit dépistée avant ou pendant sa grossesse pour connaître son statut sérologique.
En France, ce dépistage est proposé à toutes les femmes enceintes mais n'est pas obligatoire.
On estime que chaque année dans le monde, 1 200 enfants naissent en étant porteurs du VIH.
En France, 90 enfants (de moins de 13 ans) en moyenne sont diagnostiqués comme séropositifs chaque année
Le VIH s'attrape aussi par la
salive
On ne peut pas "attraper" le VIH en embrassant une personne infectée.
On ne le dira donc jamais assez mais serrer la main, boire dans le même verre ou embrasser quelqu'un de séropositif n'est
absolument pas une pratique à risque !
Tant qu'il n'y a pas de contact sanguin ou entre les muqueuses, il n'y a pas de risque.
Il n'y a que les rapports sexuels non protégés, les échanges de seringues entre toxicomanes ou les tatouages réalisés avec
des outils non stérilisés, qui sont à risque d'une transmission de l'infection du VIH.
De même, les poches de sang utilisées pour les transfusions sont systématiquement testées pour s'assurer qu'elles ne sont pas
contaminées par le VIH, il n'y a donc rien à craindre.
On peut être infecté par le VIH en s'asseyant
sur la cuvette
des toilettes
Répétons-le autant de fois qu'il le faudra : le VIH ne se transmet pas dans les toilettes publiques.
Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) est, comme son nom l'indique, un virus.
Et comme tous les virus, il ne survit que quelques secondes en dehors du corps humain.
Impossible donc de le retrouver vivant dans les toilettes ou sur les serviettes de toilette.
En plus, le VIH est une infection transmissible lors des rapports sexuels et non par la peau qui, elle, est une barrière
infranchissable pour les virus et notamment celui du VIH.
Seuls les rapports sexuels non protégés et les échanges entre seringues contaminées peuvent entraîner la transmission de
l'infection.
Mais sachez que la légende des seringues contaminées par le VIH retrouvées dans les parcs ou les cinémas est, elle aussi,
fausse : après quelques minutes, le sang contenu dans la seringue coagule et le virus meurt aussitôt.
La pilule et le stérilet protègent du
VIH
Toutes les contraceptions hormonales (la pilule, le stérilet hormonal, l'implant, les patchs ou encore les anneaux) ou
locales (spermicides, ovules, diaphragme) ont un but précis : éviter une grossesse.
Mais en aucun cas, ces contraceptions permettent de protéger contre les infections sexuellement transmissibles comme le
VIH.
En fait, il n'existe que deux protections efficaces contre le VIH : le préservatif (masculin ou féminin) et
l'abstinence.
Pour envisager des rapports sexuels sans risque et sans préservatif, les deux partenaires doivent d'abord faire un test de
dépistage des infections sexuellement transmissibles et avoir une relation stable et monogame.
Les préservatifs ne sont pas
fiables
Les préservatifs sont fiables et heureusement : ils sont actuellement le seul moyen connu pour éviter la transmission du
VIH lors des rapports sexuels quels qu'ils soient.
Le préservatif est efficace, à condition qu'il soit bien utilisé.
Par exemple, il doit être mis avant la pénétration.
Il est inefficace de le mettre uniquement à la fin du rapport car du sperme est libéré avant l'éjaculation, en plus faible
quantité (pour assurer la lubrification) et une contamination peut donc avoir lieu.
Les rapports anaux et buccaux nécessitent également l'utilisation de préservatif pour limiter le risque
d'infection.
Enfin, la confiance en l'autre ne suffit pas.
Lorsqu'un couple souhaite arrêter l'utilisation de préservatifs, il doit d'une part aller faire un test pour s'assurer de
leur séronégativité réciproque et être monogame.
Il est inutile d'utiliser deux préservatifs l'un sur l'autre : la protection n'est pas supérieure car le risque de
déchirure augmente.
Les préservatifs sont divers et variés.
Mais l'important est de choisir des préservatifs qui sont aux normes européennes (mention CE).
Le virus du Sida peut se transmettre
par les moustiques
Le VIH n'est pas le paludisme !
Mettons-nous à l'échelle du moustique pour mieux comprendre.
Lorsque la femelle moustique nous pique (le mâle ne pique pas), elle injecte sa salive qui contient un anti-coagulant pour
prélever plus facilement le sang. Or, on sait que le VIH ne se transmet pas par la salive (ni de l'homme, ni du moustique).
Elle peut donc ensuite tranquillement aspirer quelques gouttes de sang.
En plus, le VIH/Sida est un virus assez fragile et il survit très peu de temps après aspiration par le moustique : il ne
peut pas se multiplier dans le corps du moustique et disparaîtra rapidement du sang prélevé.
Enfin, les moustiques ne piquent pas plusieurs fois de suite, ils vont d'abord digérer le repas et éradiquer en même temps le
virus.
Au final, il n'y a donc aucun échange entre le sang prélevé et celui qui sera ensuite prélevé lors de la piqure
suivante.
Pas de soucis donc pour la contamination par les moustiques qui par contre peuvent être porteurs de la dengue, la malaria ou
le paludisme
Solidairement,
Ian
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