Au début des années 1980, une rumeur a commencé à circuler dans la vallée des mille collines, (Afrique du Sud) un lieu où la beauté des paysages contraste avec la pauvreté qui y règne.
Cette rumeur disait qu’un nouveau virus avait fait son apparition.
Ce sont les grands-mères qui ont compris les premières qu’il se passait quelque chose d’inquiétant, de terrifiant même.
Pour y faire face, un projet original et intéressant, rassemblant tous les habitants de la vallée et s’inscrivant dans une initiative plus vaste ayant des ramifications sur l’ensemble du continent
et à l’étranger, a alors vu le jour et s’est développé.
Il s’agit de la campagne intitulée “Les grands-mères parlent aux grands-mères”, qui met en relation des femmes qui s’occupent de leurs petits-enfants orphelins du sida.
Elle a été lancée à l’initiative de la Fondation Stephen Lewis, implantée à Toronto, au Canada.
Cwengetile Myeni est infirmière au Hillcrest Aids Centre Trust.
Elle est aussi grand-mère, mais ses enfants sont vivants et prospères.
“Même si je ne vis pas les mêmes problèmes que les autres grands-mères, qui doivent s’occuper des orphelins de leurs propres enfants, je sais comment elles vivent parce que nous allons
régulièrement chez elles.
Ce qui est difficile, c’est que les grands-mères veulent parler, mais d’autres personnes de la communauté préfèrent se taire.
Les gens veulent cacher ce qu’ils savent du VIH.
Et ce qui complique encore plus les choses, c’est qu’ils ne viennent à la clinique que lorsqu’ils sont très malades. Il est parfois trop tard pour faire quoi que ce soit”, raconte-t-elle.
Elle pense que le projet “Les grands-mères parlent aux grands-mères” a offert un exutoire à plusieurs de ces femmes, en leur permettant de se retrouver et de discuter de leurs expériences.
En outre, l’argent distribué dans le cadre de la campagne accorde à certaines assez de liberté pour leur permettre de renforcer leurs liens avec leurs petits-enfants.
“Souvent, les grands-mères utilisent leur pension pour fournir aux enfants ce dont ils ont besoin, rappelle Cwengetile Myeni.
Rares sont celles qui reçoivent une aide de l’Etat.
Lorsqu’elles en reçoivent une, ce n’est pas toujours suffisant.
Certaines mamies élèvent dix ou douze enfants en même temps…
” En 2006, année où la campagne a été lancée, la Fondation Stephen Lewis a invité Cwengetile Myeni et deux autres grands-mères sud-africaines à venir à Toronto pour y rencontrer d’autres mamies
africaines et canadiennes.
“Les grands-mères canadiennes voulaient entendre ce que nous avions à dire, même s’il était douloureux pour elles d’écouter nos histoires”, explique Cwengetile Myeni.
Lancée à la veille de la Journée internationale de la femme en 2006, le projet “Les grands-mères parlent aux grands-mères” a obtenu le soutien des Canadiens.
A l’heure actuelle, plus de 220 groupes de femmes du Canada ont rassemblé plus de 6 millions de dollars [4,4 millions d’euros] de fonds destinés aux organisations communautaires de
quinze pays subsahariens.
Cet argent servira à aider les grands-mères de ces pays à nourrir, loger, habiller et éduquer leurs petits-enfants orphelins.
L’une de ces organisations, Grandmothers Against Poverty and Aids (GAPA), une ONG du Cap gérée par des Sud-Africains, œuvre dans les townships de Khayelitsha et de Gugulethu depuis 2001.
Selon sa directrice, Vivienne Budaza, la collaboration avec les Canadiens a permis le renforcement des liens avec d’autres grands-mères africaines.
“Notre modèle, qui consiste à organiser des ateliers et offrir un soutien durable pour subvenir aux besoins psychologiques de ceux qui prennent soin de leurs petits-enfants rendus orphelins par le
VIH/SIDA, est maintenant reproduit dans d’autres pays africains, assure-t-elle.
La plupart de ces grands-mères ne savaient pas grand-chose de la maladie. Au début, nous n’étions même pas autorisés à prononcer le mot VIH, parce que les stigmates qui y sont associés étaient très
forts.
” Cwengetile Myeni raconte que les grands-mères sud-africaines qui se sont rendues au Canada ont été très surprises de constater qu’elles étaient les seules, parmi les femmes africaines, à pouvoir
bénéficier d’aides ou de pensions de l’Etat.
“Le problème, c’est que les gens peuvent développer une certaine dépendance envers ces aides, indique-t-elle.
Les grands-mères des autres pays africains utilisent le peu qu’elles ont pour se relever et saisissent au passage tout ce qu’elles peuvent.
C’est pourquoi nous plaçons les gens dans des programmes générateurs de revenus pour qu’ils n’aient pas à dépendre de ces aides.”
Mais, pour des grands-mères qui n’ont jamais travaillé de leur vie – sauf dans leur foyer et leurs champs – , il n’est pas toujours facile d’acquérir de nouvelles compétences.
Elles sont nombreuses à n’être jamais sorties de leur vallée.
Et, même s’il arrive que des grands-mères canadiennes viennent leur rendre visite, leur monde se limite à cette seule région. (Courrier International)
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C'est le tollé dans une grande partie du monde éducatif, et parmi les associations de lutte contre l'homophobie.
Motif ?
Le refus opposé ce matin par le ministre de l'Education nationale à la diffusion dans les écoles du dessin-animé qui aborde poétiquement le thème de l'homosexualité.
Luc Chatel a estimé sur RMC que ce court-métrage d'animation en cours de fabrication, "Le baiser de la lune", une histoire d'amour entre un poisson-chat et un poisson-lune destinée par ses auteurs
à devenir un outil pédagogique, n'avait "pas vocation à être projeté en primaire".
Aussitôt, le Collectif éducation, composé des fédérations syndicales enseignantes FSU, Sgen-CFDT, Unsa-Education et Ferc-CGT, des parents d'élèves de la FCPE, des lycéens de l'UNL et de la Fidl et
des étudiants de l'Unef, a "appelé solennellement le ministre à revenir sur ses déclarations".
Pour eux, la lutte contre l'homophobie et les discriminations doit commencer "dès l'école primaire", car "tout montre que c'est très tôt, avant que les stéréotypes et les comportements
discriminatoires soient intériorisés, qu'il faut agir".
De leur côté, les associations SOS-Homophobie et Inter-LGBT ont qualifié de "regrettable" le discours de Luc Chatel qui "s'aligne ainsi sur celui tenu par des mouvements de droite
ultraconservateurs".
Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate, ainsi que le Collectif pour l'enfant, une association de "défense de la famille" avaient en effet interpellé le ministre au début de la
semaine, pour qu'il interdise ce projet de sensibilisation, destiné aux enfants de CM1 et CM2.
L'une invoquait "la neutralité de l'Education nationale", l'autre dénonçait "une intrusion dans l'intimité de jeunes enfants".
Et le ministre semble leur donner raison à travers sa prise de position. Christine Boutin s'est d'ailleurs réjouie de cette décision, car, selon elle, "ce film n'est pas un film de lutte contre les
discriminations, mais un film idéologique".
SOS-Homophobie et l'Inter-LGBT en appellent donc au ministre "pour qu'il affirme la nécessité d'aborder les relations amoureuses dans leur diversité dès l'école primaire, et soutienne le projet "Le
baiser de la lune" ainsi que toute autre action, privée ou publique, qui aiderait à une meilleure acceptation de l'homosexualité à l'école".
Toutes ces organisations soulignent que le fort taux de suicides et tentatives des adolescents homos s'explique, notamment, par les comportements homophobes et par l'intériorisation par ces jeunes
d'un "déni voire un dégoût d'eux-mêmes". (Têtu 03/02/10)
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