Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 00:00

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Le gouvernement socialiste espagnol a annoncé qu’il approuvera en mars 2011 un projet de loi sur la fin de vie pour permettre aux patients en soins palliatifs de «mourir dignement».


Cette future «loi sur les soins palliatifs et la mort digne» vise à établir des droits pour les patients, leurs familles et les médecins afin que les patients condamnés puissent «mourir sans souffrir», a expliqué le numéro deux du gouvernement Alfredo Perez Rubalcaba.

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«Simplement, quand quelqu’un est en phase terminale, cela veut dire qu’il est cliniquement condamné, qu’il n’y a pas de solution et que ce qui l’attend c’est un calvaire avant de mourir», a expliqué Alfredo Perez Rubalcaba lors d’une conférence de presse, à l’issue d’un Conseil des ministres.


Pour ces cas, «la médecine a des mécanismes pour que la mort, qui est inévitable, se produise dignement, à savoir sans souffrir», a encore indiqué Alfredo Perez Rubalcaba, ajoutant que la future loi serait similaire à celles existant dans d’autres pays européens, en particulier en France où existe une «excellente législation».


La future loi «n’aura rien à voir avec l’euthanasie» qui «est la décision de quelqu’un qui pour une raison propre, et parce qu’il est malade, a décidé de mourir», a encore souligné le ministre de l’Intérieur.


En Espagne, l’euthanasie n’est pas autorisée, mais la loi reconnaît aux malades le droit à refuser d’être soignés.


En France, la loi de 2005 prévoit que les médecins, dans le cadre d’une procédure collégiale et non individuelle, puissent «décider de limiter ou d’arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie».
Ils doivent tenir compte de l’avis du patient ou avoir consulté la personne de confiance qu’il a désignée.

Visiter le site de l'ADMD (association pour l'Aide à Mourir dans la Dignité)

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Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 00:00

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Alors que le nombre de nouvelles infections a baissé d'un cinquième en dix ans selon Onusida, plusieurs pistes continuent d'être investies pour tenter de protéger l'homme contre ce virus découvert il y a bientôt 30 ans.

Fléau de ce début de siècle, le sida, causé par le virus VIH, est responsable de près de 30 millions de morts dans le monde depuis son apparition au début des années 1980.

De nombreuses équipes de recherche sont mobilisées pour tenter d'enrayer cette crise sanitaire, mais le virus, qui s'attaque au système de défense de l'organisme, est particulièrement difficile à vaincre.

Aucun traitement curatif, c'est-à-dire capable d'éradiquer le VIH chez la personne contaminée, n'existe encore.

En revanche, plusieurs pistes de traitements préventifs ont fait l'objet de progrès notables cette année. Gros plan sur ces pistes prometteuses.

Les vaccins
 
Il y a un an, et pour la première fois depuis le début de l'épidémie, un essai clinique conduit sur 16.000 personnes laissait entrevoir la possibilité d'empêcher la contamination grâce à un vaccin.

Mais celui-ci - en réalité la combinaison de deux vaccins - testé en phase III (sur trois) en Thaïlande, montrait encore une efficacité limitée, avec 30% de personnes infectées en moins par rapport au groupe témoin.

Or, «il faut atteindre 60% pour constater un impact sur l'évolution de l'épidémie», explique Roger Le Grand, responsable du service d'immuno-virologie à l'Institut des maladies émergentes et des thérapies innovantes du Commissariat à l'énergie atomique.

«Cela reste néanmoins une piste importante», estime-t-il, soulignant notamment un point positif : «le vaccin était beaucoup plus efficace pendant la première année suivant l'injection».

Autre piste prometteuse : une équipe américaine a réussi à isoler des anticorps capables de neutraliser 90% des souches connues du VIH.

En inhibant une protéine située à la surface du virus, ces anticorps empêchent le VIH d'attaquer nos cellules immunitaires.

Il s'agit d'une piste intéressante et relativement peu explorée par les recherches ces dernières années.

Mais ces travaux restent à un stade encore très préliminaire - les tests ont été réalisés in vitro, pas encore sur l'animal.

On ignore donc toujours si l'agent actif est capable d'induire la réponse immunogène souhaitée.

Dans le meilleur des cas, il faudra encore attendre 3 ou 4 ans avant d'avoir des résultats sur l'homme.

D'une façon générale, la mise au point d'un vaccin contre le sida est extrêmement délicate car les connaissances sur le virus sont incomplètes. «On est encore loin de voir la lumière au bout du tunnel», résume le Pr Jean-Luc Darlix, virologiste à l'Inserm.

Pour lui, les chances de voir aboutir un vaccin préventif sont plus grandes que celles de disposer d'un vaccin curatif.

Les antirétroviraux
 
On utilise depuis 1996 les antirétroviraux, des molécules qui perturbent la réplication du VIH, pour abaisser jusqu'à un niveau indétectable la charge virale chez les personnes infectées par ce virus.

Outre que cela améliore leurs défenses immunitaires et leur permet de mieux résister aux infections opportunistes, ces personnes sont aussi moins contagieuses lors de rapports sexuels.

Depuis une dizaine d'années, les antirétroviraux sont également prescrits à titre préventif après un rapport à risque.

Ils doivent être pris au plus tard 48 heures après le rapport, où leur effet est supposé maximal, et pendant 2 à 3 jours.

Mais une telle utilisation n'est pas anodine, rappelle Roger Le Grand.

«Il s'agit des mêmes médicaments que ceux pris par les personnes vivant avec le VIH. C'est un traitement lourd qui comporte un risque de toxicité.

Il faut donc que cela reste prescrit par un médecin».

Il n'est donc pas envisageable de les rendre aussi facilement accessibles au public qu'une pilule du lendemain, par exemple.
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Un autre usage des antiviraux vient de faire l'objet d'une publication, évaluant pour la première fois l'effet protecteur de la prise de deux antiviraux, le Ténofovir et l'Emtricitabine, avant et après un rapport à risque, chez des personnes non-infectées.

L'étude iPrEx conduite sur une population homosexuelle masculine a montré une baisse du taux d'infection de 44%.

Cette forme de protection, qui n'est pas totale, ne pourrait donc pas être utilisée seule.

Elle pourrait néanmoins être intéressante pour les populations à risques, comme les professionnels du sexe, estime Roger Le Grand.

«En revanche, il est peu probable que cela se généralise du fait du risque, encore inconnu, de voir se développer des résistances à long terme», estime-t-il.

Le gel microbicide vaginal
 
C'est l'une des grandes découvertes annoncées à la conférence internationale sur le sida de Vienne en juillet.

Des résultats présentés par le centre sud-africain Caprisa après des tests de phase II ont montré que l'application de ce gel contenant un antirétroviral (Tenofovir) pouvait réduire le risque d'infection jusqu'à 50%. Ce produit permet aux femmes de disposer d'un moyen de se protéger sans être dépendantes de la bonne volonté de leur partenaire de mettre un préservatif.

«C'est très positif», note Roger Le Grand. Toutefois, on n'en connaît pas encore les effets toxiques à long terme.

Par ailleurs, il y a là aussi un risque d'induction de résistance à long terme. Les études ont en outre montré que la mise à disposition du gel n'était efficace que si les populations étaient bien informées du mode opératoire. Plusieurs essais se poursuivent néanmoins et «il est probable que cela soit suivi d'une commercialisation», estime Roger Le Grand.

La circoncision

Recommandée par l'Organisation mondiale de la santé depuis 2007, cette intervention permettrait, selon certaines études, de réduire au moins de moitié les risques de contamination.

«Les résultats sont variables d'une étude à l'autre», nuance toutefois le Pr Jean-Luc Darlix. Pour lui, il est possible que le travail d'information mené auprès des hommes circoncis aient induit une conduite plus responsable, biaisant les résultats.

En outre, la généralisation de la circoncision est lourde, car il s'agit d'un acte chirurgical.

Face à la difficulté de mettre au point un mode de protection ou de guérison efficace à 100%, les experts s'accordent à dire que la combinaison de plusieurs stratégies, au premier rang desquelles l'éducation de la population, est la meilleure façon d'assurer la prévention.

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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 00:00

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Pour la première fois, un pape, Benoît XVI, admet l'utilisation du préservatif "dans certains cas", "pour réduire les risques de contamination" du virus VIH du sida, dans un livre d'entretiens paru le 3 décembre dernier.


A la question "l'Eglise catholique n'est pas fondamentalement contre l'utilisation de préservatifs ?", le souverain pontife répond : "dans certains cas, quand l'intention est de réduire le risque de contamination, cela peut quand même être un premier pas pour ouvrir la voie à une sexualité plus humaine, vécue autrement".


Dans cet ouvrage réalisé avec un journaliste allemand, intitulé "Lumière du monde", et qui aborde une multitude de sujets (pédophilie, célibat des prêtres, ordination des femmes, relation à l'Islam...), Benoît XVI cite un seul exemple pour illustrer son propos, celui d'un "homme prostitué".

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"Il peut y avoir des cas individuels, comme quand un homme prostitué utilise un préservatif, où cela peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité permettant de prendre à nouveau conscience que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut", dit-il.
"Mais ce n'est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l'infection du VIH. Cela doit réellement se produire dans l'humanisation de la sexualité", ajoute-t-il.


Jusqu'à présent, le Vatican a banni toute forme de contraception, en dehors de l'abstinence, même comme prévention des maladies sexuellement transmissibles.
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Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 00:00

 

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À presque 40 ans, Christine a accepté de parler à visage découvert le jour où un copain lui a proposé de témoigner dans les écoles.

« J’étais un visage différent, ni homo, ni toxico, ni prostituée.

Je suis une hétéro contaminée lors de mon premier rapport sexuel », résume-t-elle.

Ancienne sportive de haut niveau, elle a joué dans la première division du Paris Saint-Germain.

Son tout premier amant, sportif comme elle, ignore qu’il est séropositif.

« J’étais complètement dans le foot, je ne pensais qu’à la compétition. La prévention ne m’atteignait pas.»

Christine apprend sa contamination alors qu’elle vit encore chez ses parents. bien sûr, le choc est rude.

« Je ne voyais plus de vie possible, je me suis laissée dégringoler », se souvient-elle.

Il lui faudra quelques années pour retaper dans un ballon, par envie et parce que le sport peut diminuer les neuropathies provoquées par l’AZT.

Sur le terrain, Christine ne fait aucune annonce générale, mais elle prévient les coachs.

Faire chaque exercice à fond, ce n’est plus possible.

« J’ai quand même réussi à rejouer en troisième division », dit-elle, satisfaite.

Elle est aujourd’hui entraîneuse bénévole dans une association et milite à sa façon.

Si elle parvient à vivre avec ce virus sans trop se laisser bousiller, elle entend bien être une personne écoutée et entendue, pas une patiente de plus.

Par le passé, pour parvenir à manifester sa réprobation quand un traitement ne lui convenait pas, elle a parfois décidé seule de l’arrêter. et elle ouvre sa gueule.

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« Un jour où je prenais la parole à une conférence au sujet des effets secondaires chez les femmes, un célèbre médecin a dit publiquement que nous devrions être contentes d’avoir les jambes affinées.»

En 2002, Christine apprend qu’elle est également atteinte d’une hyperplasie nodulaire régénérative, une maladie rare, potentiellement induite par le VIH et la prise de Videx.

En décembre 2007, une équipe de l’hôpital Paul Brousse, pro et humaine, lui transplante un foie.

Vingt et une heures d’intervention, des semaines de convalescence ne lui font pas perdre confiance :

« Je n’ai jamais rejeté personne, alors je ne vais certainement pas rejeter mon foie.»

Les mots neutres, ce n’est toujours pas son truc : « Ce virus a déformé mon corps et m’a donné des complexes.

Dans les publications professionnelles, on ne montre jamais de corps féminins abîmés par le VIH », constate-t-elle avec un calme où affleure la rage contenue.

La mobilisation sur la reconstruction de l’abdomen et des fesses est pourtant capitale.

« Parce que les discours du style “faites pas ci, faites pas ça” ou “forcez sur les abdos”, on n’en peut plus...»

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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 00:00

 

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Un arrêté élargissant les conditions de recours à un test de dépistage rapide du virus de l'immunodéficience humaine, le virus du sida, a été publié mercredi 17 novembre au Journal officiel.

Selon cet arrêté, le test rapide d'orientation diagnostique (TROD) "peut être réalisé chez toute personne, dans son intérêt et pour son seul bénéfice, après l'avoir informée et avoir recueilli son consentement libre et éclairé".


Un précédent arrêté, en date du 28 mai, avait déjà permis l'utilisation des TROD dans des "situations d'urgence", à savoir en cas d'accident d'exposition au sang, en cas d'exposition sexuelle récente, au cours d'un accouchement et en cas d'urgence diagnostique.

Le nouvel arrêté étend également le champ des personnes habilitées à réaliser ces tests.

Ces tests rapides pouvaient déjà être réalisés par les médecins de ville et, dans les établissements de santé ou les services de santé, par les médecins, les biologistes médicaux ou les sages-femmes, ainsi que par les infirmiers et les techniciens de laboratoire, sous la responsabilité d'un médecin ou d'un biologiste médical.

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Ils pourront désormais être également effectués par "un médecin, un biologiste médical, une sage-femme ou un infirmier intervenant dans une structure de prévention ou une structure associative" dûment habilitée.

Le texte précise les conditions d'habilitation.

Le champ est enfin élargi à tout salarié ou bénévole "non professionnel de santé, intervenant dans une structure de prévention ou une structure associative" habilitée, à condition qu'il ait préalablement suivi une formation spécifique.

Ce type de test permet d'obtenir un diagnostic de séropositivité en trente minutes après prélèvement d'une simple goutte de sang au bout du doigt. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre du plan de lutte contre le sida 2010-2014, qui vise à renforcer le dépistage.

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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 00:00

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Un avis de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, sur la prise en charge des personnes transsexuelles incarcérées a été publié au Journal officiel du 25 juillet 2010.

Les recommandations de Jean-Marie Delarue portent sur le suivi médical, l’accompagnement psychologique, le respect de l’intégrité physique et le droit à la vie privée et à l’intimité, et d’une manière générale la dignité de la personne  

« Malheureusement l’incarcération des transsexuel-le-s est un problème depuis de nombreuses années et cet avis est important pour nous car aucune autre autorité ne s’en était occupée auparavant, explique François Bès, coordinateur régional Ile-de-France de l’Observatoire international des prisons.

Ces recommandations rappellent l’obligation légale de respecter les droits et ce, même si l’état civil n’a pas été complètement changé, car c’est un procédé qui prend du temps, et il doit y avoir une prise en charge de la personne concernant le suivi de sa transformation. »

« C’est une avancée, et maintenant il faut que le ministère de la Justice et des Libertés suive, ajoute-t-il.

Le contrôleur, Jean-Marie Delarue, n’a pas tous les pouvoirs mais il est relativement bien entendu et à chaque fois un ministère est saisi. »

« De notre côté, nous nous occupons surtout de situations individuelles et nous faisons attention à ce que toutes les personnes transsexuelles incarcérées aient ce à quoi elles ont droit, précise François Bès.

Nous travaillons d’ailleurs avec plusieurs associations. 

La situation individuelle est une urgence même si on voit des établissements qui font des progrès.

Par exemple à Fleury-Merogis, il y a une cantine [la cantine permet aux détenus d'acheter différentes choses: boissons, tabac, produits de soins, vivres, journaux… ndlr] spéciale pour les transsexuelles où elles peuvent acheter des produits de beauté ou d’épilation.

C’est bien car c’est la volonté du directeur mais malheureusement ce n’est pas une généralité. Cela reste de l’arbitraire et ce sont encore des décisions individuelles locales. Grâce à Jean-Marie Delarue, on espère que ça va se généraliser car il faut des directives nationales. »

Dans un communiqué du 29 juillet 2010, GayLib, mouvement LGBT associé à l’UMP, voit en cet avis une réelle évolution. GayLib rappelle notamment l’article 46 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 qui énonce que « la qualité et la continuité des soins sont garanties aux personnes détenues dans des conditions équivalentes à celles dont bénéficie l’ensemble de la population ».

Pour Caphi, journaliste dont le blog, Différences, est une mine d’informations sur la transidentité et l’intersexuation, cet avis est une vraie avancée: « J’acquiesce tout à fait à l’avis de M. Delarue concernant la prise en charge des personnes transsexuelles incarcérées. 

Pour moi, les points les plus urgents sont l’ »action de sensibilisation et d’information des personnels soignants des UCSA, unité de consultations et de soins ambulatoires, et des SMPR, service médico psychiatrique régional [qui] devra être rapidement menée » et le fait qu’ »une personne détenue manifestant son sentiment d’appartenir à l’autre sexe doit pouvoir être accompagnée dans sa démarche et orientée vers les services médicaux de l’établissement pénitentiaire ».

Également que « tout au long du parcours de soins, l’administration pénitentiaire doit veiller à ce que l’intégrité physique de la personne soit protégée, sans que cela conduise nécessairement à son placement à l’isolement, et que celle-ci ne subisse de pressions ou de brimades d’aucune sorte ni d’aucune autre personne du fait de son projet. Dès lors que la personne concernée en fait la demande, l’encellulement individuel doit être assuré » et bien entendu, « le droit à l’intimité et à la vie privée doit être respecté ».

« L’avis du contrôleur est bien mais en France, c’est le ministre de la Justice et des Libertés qui donne des consignes sur l’état civil, insiste Stéphanie Nicot, porte-parole de l’association nationale Trans Aide.

Consignes qui sont délirantes. La ministre de la Justice n’intègre pas cette question de la prise en charge des transsexuel-le-s en prison. Je crois qu’ils ne veulent pas d’avancées alors qu’il suffirait de suivre leConseil de l’Europe. Tant qu’il n’y aura pas de mesures, il n’y aura pas d’obligation de permettre aux trans’ de continuer leur traitement. C’est quasiment de l’assassinat. »

« Toutes ces questions ne sont pas résolues parce qu’elles sont nouvelles, précise Stéphanie Nicot. Même lorsque les trans’ sont inséré-e-s socialement, ils sont victimes de discriminations, alors en prison, c’est pire. Il y a eu quelques améliorations puisque nous partions de la barbaries avec tous les viols.

On commence à s’intéresser aux prisons et à tous les types de prisonniers. Il y a une pression européenne qui pèse sur la France mais il y a des différences entre le discours de la France et sa pratique réelle.

Dans un univers aussi dangereux que la prison, il faut une protection pour toutes les personnes. On sait qu’il y a eu des abus sexuels de la part de gardiens et de détenus mais il n’y a pas eu de sanction grave. Il n’y aura pas de changements tant que l’État n’aura pas réglé la question transgenre totalement. Et je pense que pour régler ces questions, il faudrait des quartiers spécialisés. Je maintiens qu’il faut un quartier spécifique car quand une MtF se retrouve incarcérée avec des hommes, c’est une incitation au viol. J’attends que la ministre de la Justice des Libertés fasse une circulaire précise sur la façon d’accueillir les trans’ en prison, qu’il y ait des règles de bon sens et de raison avec un rappel sur le respect et la dignité et que l’on reconnaisse leur identité de genre et qu’elle soit prise en compte dans leur incarcération.

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« C’est un pas en avant mais il reste encore des kilomètres à faire, déclare Emma Smith du groupe Support Transgenre Strasbourg, qui soutient qu’il y a quand même une avancée. L’identité de genre en France n’existe pas mais on parle de sexe. C’est un problème basique. Le sujet abordé est un sujet médical, on n’aborde pas la cause. On parle de transsexuel-le-s mais pas de transgenre. On n’est qu’en surface. »

« Il n’y a aucun document juridique qui traite de ce sujet, il n’y a que des documents de jurisprudence, précise Emma Smith. Dans l’avis du contrôleur général des lieux de privation de liberté, il n’y a aucune des recommandations du Conseil de l’Europe.

En effet, puisque la France ne reconnait pas la discrimination de l’identité de genre – car il n’y a aucune législation à ce sujet et la législation française est fondée sur la discrimination du sexe –, appliquer les recommandations du Conseil de l’Europe sur l’identité de genre serait incohérent et ne ferait que souligner l’incohérence de la France à ce sujet. 

La France est signataire de l’ensemble de la Charte Sociale Européenne mais ne la respecte pas du tout en ce qui concerne les personnes transgenres. Puisqu’il n’y a aucune législation à ce sujet, d’après l’État notre identité n’est pas reconnue, pour l’État nous n’existons pas. Le fait que l’État français prétende être un acteur-clef au sein de l’Europe ainsi que ses institutions – rappelons-nous que le Conseil de l’Europe se trouve à Strasbourg et donc en France – mais ignore totalement les reccomandations de ces institutions en ce qui concerne une partie de sa propre population est indicatif de l’hypocrisie et du cynisme de l’État à l’égard des personnes transgenres.

L’identité de genre devrait être reconnue même si la personne ne prend pas de traitement. On refuse aux détenu-e-s des traitements et on les met dans des cellules catégorisées.

La Halde aborde la question du refus de l’identité des genre en tant que maladie, ils ne comprennent pas le sujet. Jean-Marie Delarue dit avoir consulté la Halde, mais la Halde estime encore que les conséquences de la ségrégation de genres relèvent d’une maladie, et non d’une doctrine politique imposée (genre = sexe). Nous sommes très loin d’aborder le thème de fond. Ils font un pas dans le bon sens mais ce n’est pas suffisant. Il dit avoir consulté la Haute autorité de santé (HAS), mais la HAS a une approche totalement pathologique, son rapport de novembre 2009 le confirme. »

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En février dernier, Les Inrocks faisaient le point sur la condition des trans’ en prison et mettaient notamment en lumière le cas de Chloé, incarcérée avec des hommes, qui avait tenté de s’opérer elle-même parce que son traitement hormonal avait été arrêté par les médecins.

Emma Smith revient sur le cas de Chloé: « On peut considérer que ces personnes sont ignorées. Cela va à l’encontre de la notion de droit humain et de la déontologie médicale. Roselyne Bachelot a annoncé que la transsexualité serait retirée des maladies mentales mais l’avis cite un document dans lequel est inscrite une définition du transsexualisme telle qu’elle figure dans la classification internationale des maladies.

L’État est totalement incohérent et c’est cela qui pousse les gens vers un besoin de traitement et d’opération. De même, on cite la Cour européenne des droits de l’Homme mais on refuse les avis du Conseil de l’Europe sur l’identité de genre. C’est une contradiction absolue. On ignore les conseils de ces organismes européens. C’est très choquant. »

L’avis cite la circulaire du 14 mai 2010 sur la modification de l’état civil qui précise qu’au vu des éléments cités dans la circulaire, il est possible de « donner un avis favorable à la demande de changement d’état civil dès lors que les traitements hormonaux ayant pour effet une transformation physique ou physiologique définitive, associés, le cas échéant, à des opérations de chirurgie plastique (prothèses ou ablation des glandes mammaires, chirurgie esthétique du visage…), ont entraîné un changement de sexe irréversible, sans exiger pour autant l’ablation des organes génitaux ».

« Qu’est-ce qu’un changement irréversible si ce n’est pas une ablation des organes génitaux ? Cette circulaire est complètement opaque, ajoute Emma Smith. Personne n’est capable de dire ce que ça veut dire. Les personnes qui l’ont écrite ne comprennent pas le sujet ou se moquent des autres. 

On aborde le sujet en parlant seulement de l’accès aux traitements mais que disent les personnes incarcérées ? Est-ce qu’on peut imaginer ce que vit Chloé au point de se mutiler ? Si des personnes en prison mutilent leurs propres organes génitaux, que fait l’administration pénitentiaire pour réduire les causes de ce besoin ? Au sujet de l’isolement, on veut protéger les personnes concernées car la transphobie est très forte mais elle est aussi une conséquence directe de la politique de l’État. Mais, en voulant les protéger, on les pénalise. »

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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 00:00

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En classant le Togo parmi les 44 pays les plus corrompus au monde dans son rapport 2010, Transparency international n’aura que trop raison.

La corruption et le détournement des deniers publics prennent une allure inquiétante au Togo.

Le phénomène a gagné tous les secteurs d’activités. L’administration publique en souffre énormément et le secteur privé n’est pas épargné.

 Même les fonds mobilisés par la communauté internationale et les partenaires en développement pour permettre à notre pays de faire face à certaines difficultés sont parfois détournés par certains agents véreux de l’Etat.

C’est le cas actuellement de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels et Génériques (CAMEG) où cinq responsables sont cités dans une affaire de détournement de 277 millions de FCFA.

En effet, un contrôle interne intervenu courant août 2010 a permis de constater des malversations consécutives à l’émission des bons de commandes irréguliers et au détournement de stocks débutés depuis le mois de janvier de l’année en cours.

Les cas de malversations financières se chiffrent donc à 277 millions de FCFA et concernent particulièrement la gestion des produits antipaludiques fournis au Togo par le Fonds Mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.
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Au fait, ce programme international vise à accroître considérablement les ressources pour lutter contre trois des maladies les plus dévastatrices du monde, et pour diriger ces ressources vers les régions les plus nécessiteuses.

En créant la CAMEG, l’objectif du gouvernement togolais était de permettre à la centrale d’acquérir les médicaments génériques et des consommables médicaux à de meilleurs prix et ensuite à les mettre à la disposition du public à un « prix social ».

Malheureusement, tous ses efforts sont hypothéqués par l’appétit glouton de certains responsables de cette centrale qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts.

Il y a nécessité que le gouvernement poursuive ses enquêtes afin que les auteurs de cette malversation répondent de leurs actes.

C’est aussi l’éradication de ces pratiques frauduleuses qui permettront à notre pays de retrouver la pleine confiance des partenaires au développement.


Olivier GLAKPE

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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 18:13

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« Je m’appelle Laurent Jacqua, j’ai fait vingt-cinq ans de détention, je suis séropositif depuis 1983.
Je vais vous parler des problèmes que peut engendrer la maladie à l’intérieur de la prison.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le corps prisonnier, c’est une souffrance et qu’une cellule, c’est un lieu de souffrance.
Si c’est dans 9 m2 à trois ou quatre personnes, ou même à deux, c’est pire. Si vous êtes malade, c’est encore plus terrible, parce qu’il y a les médicaments, du moins maintenant.
C’est vrai qu’avant, la question ne se posait pas.
Ce qu’il faut savoir, c’est que des années 1980 jusqu’à l’arrivée des trithérapies, on ne sait toujours pas combien de morts du sida il y a eu dans les prisons.
C’est pour dire à quel point le sujet est tabou. (…) C’est pour moi une évidence : les malades ne doivent pas rester en prison. Les malades doivent être soignés dans les meilleures conditions possibles, et les prisons françaises ne le permettent pas.
 
D’une part, le secret médical n’existe pas.
En vingt-cinq ans d’incarcération, les médecins et les policiers qui m’entouraient, lors de chaque extraction, savaient exactement ce que j’avais, de mes hémorroïdes à mon taux de CD4. (…)
Quand la maladie se déclenche, c’est la pire des souffrances, surtout sous certains régimes de détention, comme le quartier d’isolement ou le mitard, parce qu’aujourd’hui encore, on place des malades du sida au mitard.
Moi j’ai fait des quarante-cinq jours de mitard. C’est ça qu’il faut comprendre de l’intérieur…
Il faut avoir une vision de ceux qui vivent et souffrent en prison. C’est une sentence de mort de condamner à trente ans de prison une personne qui a quelques CD4.
C’est une perpétuité ou une peine capitale déguisée. Pour un pays démocratique, qui veut donner des leçons au monde entier, c’est dramatique. (…)
 
Je suis sorti en janvier 2010, après un parcours très dur. J’ai fait cinq ans de quartier d’isolement. Malade, j’ai d’ailleurs failli mourir, pneumocystose et compagnie. On m’a hospitalisé cinq jours et on m’a ramené en quartier d’isolement où je suis resté deux ans. C’est un exemple.
J’ai été condamné, mais je n’ai pas été condamné à être torturé. Aujourd’hui, les taux de prévalence sont d’environ 1,4 %, enfin environ, on ne sait pas puisque les détenus séropositifs sont une population totalement niée, depuis des années…
Quand j’entends des médecins d’Ucsa comparer le VIH au diabète, dire que c’est une maladie chronique, je suis atterré.
Et la contamination ? Je suis sorti il y a 11 mois et je peux vous assurer que l’héroïne entre en force en prison, nous allons vers une catastrophe sanitaire. Et les politiques actuelles ne vont pas arranger les choses. Mais apparemment ceux qui les décident s’en foutent, on entasse les gens en prison, toujours plus, la santé ce n’est pas leur problème…
 
Ce que je veux dire, c’est qu’il faut prendre le taureau par les cornes et agir.
Et pour cela, il faut avoir une bonne conscience du milieu carcéral, de ce que c’est réellement, de ce que vit le détenu à l’intérieur.
Ce n’est pas de la prison qu’il faut parler, c’est du détenu qui souffre dedans… En vingt-cinq ans, je peux vous dire que j’en ai vu partir dans des conditions terribles.
Partir, ça veut dire mourir comme des chiens. Un nombre incalculable se sont suicidés pour ne pas mourir comme un animal…
On ne peut pas calculer justement, puisque personne ne sait. C’est quand même terrible.
Alors on crée la suspension de peine en 2002. Mais il faut savoir que les aménagements de peine concernent seulement 16,5 % des détenus.
Il faudrait réfléchir sérieusement à des alternatives à l’emprisonnement. La peine moyenne en France est de 9,4 mois… On se demande ce qu’ils foutent en prison, les malades, les vieux, les fous… Où va-t-on ? On nous a sorti un plan sanitaire en 1994, on l’a refait et aujourd’hui on n’est pas plus avancé.
 
Le 4 mars 2002, on nous a sorti la loi de suspension de peine pour raison médicale.
Moi j’étais malade à l’époque, j’ai cru que j’allais sortir. J’ai vu sortir Papon, mais moi je ne suis pas sorti. La réalité, c’est ça. Il y a Papon, les quelques nantis qui ont réussi à sortir, et nous, derrière, on a tous mangé…
Ceux d’entre nous qui ont été libérés, faut voir dans quel état. J’en connais un qui est sorti après quinze ans, il était en souffrance depuis quinze ans, je l’ai vu mourir à petit feu. Vous savez combien il a tenu ? Il a tenu un mois dehors. Il est mort avec sa petite fille dans les bras.
C’est quoi le sens de cette peine-là ? C’est ça qui nous est réservé.
André Franceschi et moi, on nous appelle les highlanders, vous vous rendez compte, parce qu’on a réussi à survivre. En 2002, la loi de suspension de peine existe. Tout le monde est content, mais personne ne sort. (…)
 
Octobre 2003, une circulaire restreint encore les conditions en empêchant les détenus de bénéficier de la suspension de peine “s’il existe un risque grave de renouvellement de l’infraction”.
Déjà on commence à resserrer le champ. Faut pas trop les faire sortir les malades, on ne sait jamais…
En février 2005, la loi Perben introduit la contre-expertise médicale pour les malades en suspension de peine.
Alors qu’ils ont tous subi une première expertise disant qu’ils allaient bientôt mourir… Car ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a en théorie deux volets dans cette loi de 2002 : les expertises disant que le pronostic vital est engagé et le constat d’incompatibilité de la maladie avec la détention, mais ce volet n’est jamais employé, jamais… Les gens pourraient sortir si le texte était appliqué, mais au final on les laisse mourir.
 
Et un séropositif, c’est quelqu’un de malade.
Il faut arrêter de dire que c’est une maladie chronique !
Parce que celui qui est séropositif et qui se bouffe des pilules tous les jours, moi je le fais, et bien je vous dis que ce n’est pas marrant.
Quand vous avez la diarrhée, quand vous n’êtes pas bien, quand vous vous videz, il faut les supporter les médicaments et il faut appeler à l’aide, qu’on vienne vous chercher…
Le VIH, c’est quelque chose de grave, on a un peu tendance à l’oublier.
Et quand on vit en prison avec c’est un peu le couloir de la mort.
Quand vous êtes condamné à trente ans, vous ne savez pas quand la maladie va se déclarer.
Et quand elle arrive, il n’y a personne pour vous écouter. On vous laisse dépérir et sortir au dernier moment pour baisser les statistiques des morts en prison.
 
Mais revenons à la suspension de peine.
Lors des discussions du projet de loi sur la récidive, un nouvel amendement est introduit qui en réduit encore le champ avec les notions de “trouble exceptionnel à l’ordre public” et de “risque particulièrement élevé de récidive” pouvant être opposées au détenu.
On nous ferme encore plus la porte.
Mais, en novembre 2009, nouvel espoir avec la loi pénitentiaire qui précise qu’un juge de l’application des peines peut ordonner la suspension grâce à un certificat médical donné par l’Ucsa…
Sauf que dans la pratique, il faut voir dans quel état les gens sortent.
J’ai failli mourir, mais on ne m’a jamais laissé sortir. Je suis passé deux fois en suspension de peine, je ne l’ai jamais obtenue. Je suis un cas concret de la suspension de peine.
En mars 2010, nouveau durcissement avec la notion de “risque grave de renouvellement de l’infraction” afin de refuser les demandes de suspension de peine pour raison médicale.
 
Je pense qu’il faut assumer les choses. Si le gouvernement décide de mettre des malades au mitard, en quartiers d’isolement, de les laisser pourrir en prison, si le gouvernement décide de mettre les fous, les femmes enceintes, les enfants en prison, si c’est ce qu’il décide, il faut qu’il l’assume et le dise.
S’il n’est pas capable de l’assumer financièrement, il faut aussi qu’il le dise et qu’il arrête de nous faire avaler des couleuvres (…), parce que pendant ce temps des mecs meurent dans des conditions indignes d’une démocratie.
Mais venez en cours de promenade, je vous y fais descendre, là où les mecs se shootent, se défoncent, c’est ça la prison.
Vous savez que récemment un homme est mort de faim ?
Que beaucoup se suicident ? C’est ça la réalité, et moi je suis là pour témoigner.
J’ai fait vingt-cinq ans de taule, le jour où je suis sorti j’ai fais la promesse que je ne laisserai pas faire. Parce que la mémoire de ces mecs qui sont morts, il ne faut pas l’oublier.
 
Je voulais parler des toubibs, j’en ai rencontré trois qui ont tout fait pour m’aider et d’autres qui trouvaient que c’était bien fait quand je dormais à poil au mitard.
On rencontre de tout, des bons et des salauds. La plupart donnent l’avis favorable pour vous placer au quartier d’isolement alors qu’il vous reste 3 CD4…
Je finirai en citant l’article 10 du code de déontologie médicale [article R. 4127-10 du code de la santé publique, NDLR] : “Un médecin amené à examiner une personne privée de liberté ou à lui donner des soins ne peut, directement ou indirectement, serait-ce par sa seule présence, favoriser ou cautionner une atteinte à l’intégrité physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité. S’il constate que cette personne a subi des sévices ou des mauvais traitements, il doit, sous réserve de l’accord de l’intéressé, en informer l’autorité judiciaire.”
J’ai rencontré des tas de médecins qui n’ont jamais appliqué cette règle et qui ont laissé crever des gars en cellule. »
 
Laurent Jacqua est l’auteur de La Guillotine carcérale. Silence on meurt, éditions Nautilus, 2003 et de J’ai mis le feu à la prison, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2010.

Solidairement,

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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 00:00

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Dans leur ouvrage "Monseigneur Léonard - conversations" sorti en français en 2006, les journalistes Dominique Minten et Louis Mahoux retracent la jeunesse et la carrière d’André-Joseph Léonard, exposent ses idées et se penchent sur les problèmes auxquels l’Eglise catholique est actuellement confrontée.
L’archevêque dit ce qu'il pense, ce qui fait du bruit en Flandre, lorsqu'il affirme notamment que le Sida n'est pas "une punition divine" mais "tout au plus une forme de justice immanente", en poursuivant son raisonnement par une comparaison avec les problèmes écologiques.

Selon lui, l’homme est ainsi aussi responsable pour des problèmes comme le réchauffement climatique.
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"Vu l’agenda très chargé de l’archevêque, j’ai été impliqué dans la relecture", explique dans l’émission de radio "De Ochtend" sur la VRTce jeudi le porte-parole du primat de Belgique, Jürgen Mettepenningen.

"J'ai mis un triangle d'avertissement de danger à certains passages dont cette déclaration. Mais l’archevêque ne l’a pas modifié, affirmant qu’il ne pouvait pas écrire autre chose que ce qu’il pense".
"Lorsqu’il écrit que l’homosexualité est une forme de sexualité mal comprise, j’ai également ajouté le triangle de danger.

Je pensais 'Faut-il vraiment écrire cela comme ça ?' Mais ce n’est pas à moi de dire ce que l’archevêque doit penser. Je suis son porte-parole, pas celui qui décide ce qu'il doit dire".
Jürgen Mettepenningen comprend parfaitement que les déclarations de Monseigneur Léonard vont une nouvelle fois lui valoir une étiquette de conservateur.

"Mais quel conservateur ? Dans le sens strict du terme, cela veut dire conserver ce qui doit l’être et changer ce qui doit être modifié.

Je trouve qu’il est honnête dans ce qu’il écrit et qu’il n’a pas peur de donner son avis, même si cela le rend naturellement vulnérable".

Solidairement,

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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 00:00

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Verra-t-on bientôt des «salles de shoot» ouvrir en France ? Ces espaces, médicalisés, sont destinés aux toxicomanes les plus précaires qui se piquent dans la rue, les couloirs du métro, les toilettes des cafés.

Devant la recrudescence des overdoses et des contaminations (VIH, hépatites), la plupart des pays européens se sont résignés à ouvrir des salles d’injection encadrées par des personnels de santé. Pas la France.

Pour les associations qui viennent en aide aux toxicomanes, il y a urgence.

L’an passé, la ministre de la Santé avait annoncé qu’elle attendait les résultats d’une expertise confiée à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) pour se décider. C’est chose faite: la synthèse des travaux scientifiques est désormais publique.

En résumé, l’Inserm conclut à l’intérêt des salles d’injection comme un outil complémentaire dans une approche globale de la réduction des risques.

En France, depuis la fin des années 80, la réduction des risques passe par la distribution de seringues, les traitements de substitution aux opiacés, le dépistage du VIH et les traitements antirétroviraux.

Des dispositifs qui ont porté leurs fruits. Mais 60% des usagers de drogues ont été contaminés par le virus de l’hépatite C, note l’Inserm. Ce virus-là est capable de résister plusieurs jours.

Ouvrir des salles d’injection permettrait donc de compléter le dispositif de réduction des risques, d’offrir une palette complète, note l’Inserm.

Pour l’Institut, il n’y a d’ailleurs pas lieu d’opposer les soins et la réduction des risques.

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Une affirmation qui a de quoi conforter les associations de terrain. «Il faut pouvoir encadrer les toxicomanes, créer un lien avec eux pour pouvoir les amener vers des soins et un sevrage», expliquent-elles. C’est maintenant à Roselyne Bachelot de trancher.

Ailleurs en Europe, quand des autorités ont pris l’initiative d’ouvrir des salles d’injections médicalisées, jamais l’opinion publique ne s’y est montrée d’emblée favorable. «Mais une fois le lieu ouvert, les riverains ont adhéré au dispositif», raconte Anne François, médecin au sein de «Quai 9», une salle de consommation ouverte à Genève depuis 1991. Personnel hospitalier, travailleurs sociaux, municipalité et police sont membres du comité de pilotage de Quai 9. Et le médecin suisse enfonce le clou: «En dix ans, il n’y a pas eu d’effet d’attraction pour de nouveaux consommateurs».

Si le ministère de la Santé renonçait à se doter d’un dispositif qui permet aux toxicomanes ne pas «crever dans les rues», des municipalités, et notamment celle de Paris, semblent prêtes à franchir le pas d’elles-mêmes.

Solidairement,

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