| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
La médiatrice polonaise aux Droits de l'enfant, convaincue par des experts, a exclu que la série télévisée britannique pour enfants Teletubbies fasse de la promotion voilée pour l'homosexualité, contrairement à ses soupçons antérieurs.
"Un grand sexologue a exclu un effet nuisible de cette série animée sur la psychologie de l'enfant, son opinion est tout à fait crédible. Par conséquent, j'ai décidé que d'autres opinions de psychologues n'étaient plus nécessaires", a déclaré Ewa Sowinska dans un communiqué mercredi.
Dans une interview à l'hebdomadaire Wprost, la médiatrice, nommée en Pologne par la chambre basse pour un mandat de cinq ans, avait souligné que l'un des personnages masculins de la série, Tinky Winky, portait avec lui un sac à main, accessoire plutôt féminin. "Il pourrait y avoir un sous-entendu homosexuel voilé", a-t-elle constaté, en annonçant qu'elle allait demander une expertise psychologique. "S'il y avait une promotion d'attitudes inappropriées, il faudrait réagir", avait-elle affirmé.
Ces propos de Mme Sowinska lui ont valu une pluie de critiques et de commentaires moqueurs. Même le ministre de l'éducation Roman Giertych, chef de l'ultracatholique Ligue des familles polonaises accusée de prises de position homophobes, a arboré à la télévision une peluche de Tinky Winky de sa fille.
Ouf ! Enfin, une réaction sensée !
Solidairement,
Les autorités polonaises comptent mener une étude pour déterminer si la série, destinée aux touts-petits, incite à l’homosexualité.
Le fait que Tinky Winky, un garçon, porte un sac à main, constitue-t-il une incitation à l’homosexualité ? C’est la très sérieuse question à laquelle vont devoir répondre des psychologues polonais.
Le gouvernement conservateur au pouvoir en Pologne est parti en croisade contre «l’incitation à l’homosexualité» sous toutes ses formes. Et les dernières victimes en date ne sont autres que les Teletubbies, ces créatures ressemblant à de grosses peluches de couleurs vives, qui font la joie des enfants de 0 à 2 ans dans 120 pays. Le programme, produit par la BBC, connaît un succès considérable depuis plus de 10 ans.
Les Teletubbies, présentés par leurs créateurs comme des «bébés technologiques», sont au nombre de
quatre : Dipsy la peluche verte qui porte des chapeaux étranges ; Lala la fille de la bande, en jaune, qui possède un ballon ; Po le rouge et son vélo ; et Tinky Winky, le violet. C’est ce
dernier qui pose question aux autorités polonaises. Tinky Winky se distingue en effet... par un sac à main, qu’il transporte partout avec lui.
«Sous-entendu homosexuel voilé»
«Il pourrait y avoir un sous-entendu homosexuel voilé» derrière ce sac à main, estime très sérieusement Ewa Sowinska, médiatrice polonaise aux Droits de l'enfant. Un argument déjà avancé par des groupes conservateurs chrétiens américains.
«J'ai bien remarqué que Tinky Winky avait un sac à main pour femmes, mais je n'avais pas réalisé qu'il s'agissait d'un garçon», explique-encore Ewa Sowinska au magazine Wprost. «J'appelle les psychologues à regarder de près le dessin animé, afin de trancher s'il peut être diffusé sur la télévision publique ou non. Il faut l'examiner. S'il y avait une promotion d'attitudes inappropriées, il faudrait réagir», poursuit la médiatrice.
La fièvre anti-homosexuels du gouvernement Kaczyński a déjà conduit le ministre polonais de l’Education nationale à proposer une loi visant à exclure les enseignants qui font de la «propagande homosexuelle» dans les écoles.
Quant aux Teletubbies, ils avaient déjà été pris pour cible par l’auteur d’American Psycho Brett Easton Ellis, qui les jugeait dans un texte tout simplement… maléfiques.
Le 25 janvier 2007, la Cour d'Appel de Douai confirmait la condamnation de Christian Vanneste.
Une victoire, bien sûr, pour toutes les associations qui s'étaient battues pour que les propos homophobes du député UMP soient sanctionnés par la justice. Mais une victoire en demi-teinte.
Certes, on peut se féliciter de la stricte application de la loi du 30 décembre 2004 pour laquelle l'ensemble de la communauté LGBT s'était tant mobilisée. On peut se réjouir que les tribunaux
tracent ainsi une stricte frontière entre l'injure et l'opinion.
Mais qu'un représentant de la République, un élu du peuple, membre d'un éminent parti puisse, en 2006, faire publiquement l'apologie de la haine contre une minorité reste en soi un constat
d'échec.
Pour un Christian Vanneste, combien d'anonymes ainsi confortés dans des croyances
archaïques ?
Cette année encore, comme depuis 13 ans, nous mesurons le chemin qu'il reste à parcourir pour pouvoir enfin rayer le mot "homophobie" de notre vocabulaire.
Depuis la création de SOS homophobie en 1994, les avancées ont certes été colossales. Du Pacs à la loi de 2004 sanctionnant les propos homophobes, les gays et les lesbiennes ont conquis une
reconnaissance sociale, politique et légale sans précédent.
Mais qu'on ne s'y trompe pas les mentalités n'évoluent pas au même rythme que les lois.
Et cette année encore, nous constatons que la haine envers les homosexuels reste encore bien vivace en France.
En témoigne la recrudescence des agressions physiques.
L'été 2006 a ainsi connu une série d'agressions homophobes d'une extrême violence, dont les médias se sont fait l'écho.
Citons pour mémoire Dominique Leclère, assassiné à coups de crosse de fusil dans les Landes, Bruno Wiel, plongé dans le coma suite à un passage à tabac d'une barbarie épouvantable, Laurent
Baudouin et Nicolas Concourdel, harcelés et chassés de chez eux à coup de cocktail Molotov.
Les statistiques montrent, hélas, qu'il ne s'agit pas de cas isolés. En 2006, les violences physiques envers les gays représentent encore 12% des témoignages reçus par l'association. S'ajoute à
cela une très inquiétante multiplication des cas d'agressions sur les lieux de drague.
Au delà de la sauvagerie des actes, c'est le profil des agresseurs qui frappe : des jeunes gens, souvent mineurs, qui agissent en
groupe.
Le système éducatif français ne deviendrait-il pas une "machine à fabriquer" des sexistes, des intolérants, des homophobes ?
Tout le monde s'accorde à dire que l'homosexualité semble globalement mieux admise par l'ensemble des Français-es. Mais ce retour d'une homophobie haineuse et violente interroge.
Aujourd'hui, la mise en place d'une politique de prévention à l'école est plus qu'urgente. Maintenant que la loi condamne l'homophobie, le système éducatif doit s'engager à faire de même. Les
textes existent, il faut qu'ils soient enfin appliqués.
Souhaitons que le nouveau gouvernement ne considère pas la lutte contre l'homophobie comme un seul projet éthique, mais comme une réelle
mesure sanitaire et sociale.
Solidairement,
Commentaires