Jeudi 18 septembre 2008
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Les enfants - les enfants malades - sont les grands oubliés du SIDA. Ils forment un groupe de victimes du VIH particulièrement marginalisé.
Car ils sont plus de 2 millions à être contaminés par le VIH ou à souffrir du SIDA. Et une toute petite proportion d'entre eux seulement reçoivent les traitements et les services voulus.
Vous me direz : "mais on les voit partout !"
Plusieurs d'entre vous, et je ne dis pas que je n'en étais pas, pensent que loins d'être oubliés, les enfants du SIDA sont cités, montrés, racontés. Et que les médias leur font une bonne place dans
leur couverture du SIDA.
C'est en partie vrai. Mais aussi largement faux.
Ce qui est vrai, c'est qu'on montre assez souvent les enfants du SIDA. J'allais dire, pour être direct, "le spectacle des enfants su SIDA".
On pourrait même dire qu'on se sert parfois de ce "spectacle" pour attirer la compassion...et les dons à des causes humanitaires.
Ce qui est vrai aussi, c'est qu'on a beaucoup parlé des orphelins du SIDA. Il y en a plus de 12 millions dans le monde.
Leur drame et, souvent, leur solitude sont intolérables.
D'autant plus que, dans les pays à forte prévalence de VIH-SIDA, à peine 15 % des orphelins du SIDA reçoivent une forme d'assistance.
Mais là où les enfants sont de grands oubliés, c'est en tant que petits malades eux-mêmes. Dans l'ensemble, ils sont beaucoup moins nombreux que les adultes à recevoir les médicaments dont ils ont
besoin, et ce, dans tous les pays.
Si tant d'enfants sont contaminés par le VIH, c'est d'abord parce que beaucoup de femmes enceintes séropositives ne reçoivent pas les traitements, efficaces et connus, pour prévenir la transmission
de la mère à l'enfant.
Encore là, c'est à peine le tiers des femmes qui bénéficient de ces programmes.
Et si tant d'enfants sont "oubliés" quand ils sont contaminés, puis malades, c'est parce qu'ils sont les faibles parmi les faibles, les marginalisés parmi les marginalisés.
"Un enfant, c'est fragile, ça ne fait pas de bruit, ça meurt en silence." dit la pédiatre rwandaise Agnès Binagwaho.
Depuis plus d'un quart de siècle après qu'on ait découvert la maladie SIDA et la pandémie par le VIH, le SIDA est, et de beaucoup, une histoire de stigmatisation et de marginalisation des groupes
les plus atteints ou les plus à risque de l'être : les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les usagers de drogues injectables, les travailleurs et travailleuses du sexe, les
prisonniers, les migrants.
Il faut désormais, à cette liste, ajouter les enfants.
Solidairement,
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Par Sid'Aventures
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Publié dans : sidaventures
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